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Fonds documentaire : Article revues

Titre Accueillir le sujet âgé en psychiatrie
Auteurs BOUCHE C ; RIVALLAN A
Date de parution 01/05/2019
Nbre/N° de page 11-39
Descripteurs Psychiatrie/ Personne âgée/ Accueil/ Entrée/ EHPAD/ Psychose/ Représentation sociale/ Profession santé/ Unité soin longue durée/ Projet de vie/ Gérontopsychiatrie/ ATELIER THERAPEUTIQUE/ Equipe soins/ Unité mobile gérontologique
Résumé/Commentaire

La psychiatrie, c’est de la médecine avec quelque chose en plus. Et la psychiatrie de la personne âgée (gérontopsychiatrie ou psychogériatrie), c’est de la psychiatrie avec également une nuance supplémentaire.

Comment décrire ce “quelque chose”, ce challenge a priori impossible dans le monde sanitaire contemporain d’être à la fois une surspécialité et, en même temps, la discipline par excellence (et peut-être une des dernières), qui aborde le sujet dans sa globalité ? Ce défi a priori irréalisable dans le monde psychiatrique actuel, d’avoir une lecture clinique, diagnostique et thérapeutique, issue des dernières subtilités des neurosciences, tout en gardant un regard psychopathologique sur le sujet. Un bon soignant en psychiatrie de la personne âgée est un soignant souple.

Notre premier challenge est de reconnaître qu’une personne âgée qui souffre psychiquement, c’est un adulte qui souffre, mais qui a une biologie plus fragile et différente ; une psychologie qui a évolué avec son histoire, ses stress, ses traumatismes, avec de nouvelles défenses et un narcissisme plus chancelant ; une vie sociale avec un isolement plus marqué, des deuils qui s’accumulent et des liens qui se raréfient.

Notre second challenge est de reconnaître que le cerveau est branché sur le corps, et que si un stress psychique peut modifier un comportement, le stress biologique qui y est afférent a un retentissement anatomique et fonctionnel et est à la base de cette modification. C’est une évidence, mais le cerveau de la vieille personne est fragile, sensible aux interférences avec les troubles somatiques et les modifications physiologiques du corps, liées à l’âge, et il faut faire le maximum pour le remettre en état, relancer les processus de réparation cellulaire, de neurogénèse et de neuroplasticité, si nous souhaitons pouvoir aboutir à un processus de changement, au sens psychothérapique du terme.

Pour atteindre cet objectif, il faut une clinique irréprochable et pointilleuse, une sémiologie précise, un diagnostic sûr, et après, seulement, éclairer cette clinique avec le vécu pathopsychologique du patient, les interférences et les liens entre cette clinique et son histoire, le sens qu’il lui donne, son étayage social et l’évolution de sa personnalité.

La psychiatrie de la personne âgée n’est pas une discipline palliative, elle est une science et reste un art. À nous de la faire exister pour qu’il n’y ait aucune perte de chance pour les patients.

Revue SOINS PSYCHIATRIE
N° Revue 322
Dossier Oui
Contenu dans 322 - Soins psychiatrie
Localisation IFSI


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